Paradise Papers : la grande farce continue !

Rédigé par notre équipe le 08 novembre 2017.

La presse mondiale est en émoi ! Grâce à des milliers d’heures de travail, une enquête acharnée et un professionnalisme à toute épreuve, le monde sait désormais que des multinationales et des ultra-riches se jouent des règles fiscales et font fructifier leur argent au soleil. De la reine d’Angleterre à Apple, tous ont trempé dans des combines largement hors de portée du citoyen lambda. Une révélation vraiment sensationnelle ?  

C’est l’histoire d’une presse d’Etat qui tente de justifier son existence par tous les moyens. Entre deux élections présidentielles, l’argument de la lutte contre la bête immonde qu’est l’extrême droite ne peut pas tenir la distance. Il faut donc trouver des affaires pour tenir le public en haleine et lui montrer que sans un journalisme d’investigation aussi sérieux, le monde serait bien plus malsain, corrompu et violent. C’est alors qu’apparaît comme par magie les « Paradise Papers ». Un an après les fameux « Panama Papers », les journalistes ont mis la main sur des documents sensibles issus de deux firmes spécialisées dans l’optimisation fiscale : Appleby et AsiaCity.

Une série au scenario qui tourne en boucle

Autant le dire tout de suite explicitement, les nouvelles révélations – mises en scène savamment pour en faire une série qui cartonne – n’étonnent que les idiots utiles du capitalisme ultralibéral. Plusieurs saisons ont été jouées et le scenario semble un peu trop proche de ce qui a déjà atterri dans les assiettes médiatiques. Nous avions donc eu les Panama Papers et avant cela la lutte farouche contre les trous noirs de la finance appelés paradis fiscaux. Dans cette saison 1, il fallait faire la peau à ceux qui avaient contribué à la crise financière. Un temps déjà lointain où Sarkozy était président et promettait (entre autres) de dresser implacablement des listes d’Etats voyous de la finance.

La nouvelle saison intitulée Paradise Papers n’est malheureusement qu’un mix peu intéressant des saisons précédentes. Des noms ronflants qui sont pris la main dans le sac de montages financiers toujours plus complexes pour échapper à l’impôt et pouvoir se payer encore plus de joujoux coûteux. Lewis Hamilton et son jet privé qui n’a pas souffert de la TVA, la reine d’Angleterre ( Notons tout de meme que sa Gracieuse Majesté n'a en aucun cas besoin d'évasion fiscale car elle n'est pas tenue à l'impot sauf celui auquel elle souscrit VOLONTAIREMENT... !!! - Ndlr ), Nike ou encore Apple sont cités dans les millions de fichiers livrés sur un plateau par un anonyme, sûrement ex-employé d’Appleby ou d’AsiaCity, qui a eu une révélation (c’es-à-dire un licenciement douloureux) qui l’a convaincu d’apporter un peu de justice dans ce bas monde.

Toutes les personnes et entreprises citées vont sentir le souffle des journalistes dans leur nuque. Certains resteront mutiques, d’autres diront qu’ils ne savaient pas ce que faisaient leur armée d’avocat fiscalistes, tandis que d’autres – à commencer par les multinationales les plus puissantes – diront que le système est ainsi et qu’ils ne font rien d’illégal. Face à tout ce remue-ménage les politiques ne peuvent rester sans voix et ils ont déjà commencer à menacer du poing. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie part bille en tête : « Je ferai des demain à Bruxelles à la réunion des ministres des Finances de l’UE un certain nombre de propositions pour accroître la transparence sur les organismes financiers ou de conseil fiscal qui facilitent cette évasion fiscale, pour compléter la liste de l’OCDE sur laquelle ne figure aujourd’hui qu’un seul Etat […] et nous proposerons un durcissement des sanctions sur ces Etats […] qui facilitent l’évasion fiscale ».

C’est beau, on sent la fermeté d’un ministre de l’Economie trahi par ces entreprises et individus sans vergogne. Le temps du grand bazar libéral est terminé d’autant plus qu’un autre homme qui compte, Pierre Moscovici, assure que des conclusions drastiques vont rapidement être tirées. Désormais, les politiques savent que certains jouent avec les règles et on va enfin finir la liste des paradis fiscaux entamée il y a près de dix ans. Une liste qui ne compte qu’un seul nom : Trinidad-et-Tobago. La farce continue. Les paradis fiscaux qui pullulent en Europe sont mentionnés, mais ils ne seront pas ajoutés à des listes qui ne servent à rien sinon à se donner bonne conscience.

Au Paradis, on entend « plouf ». C’est le bruit des riches qui plongent dans la piscine et celui des révélations qui n’en sont pas vraiment et qui n’aboutissent à rien.

source: 24h Actu